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Iredey Blog Emergence

Me Joseph DJOGBENOU : Candidat sérieux àla présidentielle 2016!

17 Juillet 2014 , Rédigé par ibe_master Publié dans #Actualités

Me Joseph Djogbenou : Candidat sérieux à la Présidentielle 2016

 

jdjogbenou

Engagé, sans réserve, dans l’action politique depuis la création du parti «Alternative citoyenne», le Professeur Joseph Djogbénou, probable candidat à la présidentielle de 2016, nourrit des ambitions bien précises. Dans son entourage, les grandes lignes de son projet de société ainsi que les bases de sa collaboration avec la classe politique en général s’ébruitent.

En attendant la formalisation de son projet de société, Me Joseph Djogbénou, apprend-on de sources proches de son parti,  a pris une option ouverte dans le sens de la conclusion avec les acteurs de la classe politique béninoise d’un contrat de législature devant jeter les bases de tout programme de gouvernement crédible à l’horizon 2016. A cet égard, après avoir fait le diagnostic du statu quo, le parti Alternative citoyenne (Ac) entend s’engager dans cette démarche en ayant dans sa boîte à outils des principes qui lui sont chers pour construire l’avenir de la République du Bénin.

Faut-il la dictature du développement?

Le principe le mieux partagé dans l’entourage du candidat Djogbénou est celui relatif à « la gouvernance par l’exemple » basé sur le « fais ce que je dis, mais encore, fais ce que je fais ». Dans l’ouvrage intitulé « ‘’La Gouvernance par exemple’’, une contribution programmatique sur l’État de droit et de la justice », publié en mars 2014, une sorte de testament politique, on peut lire : ‘’L’on oublie souvent que si pendant des siècles l’Occident s’est construit au moyen de la force et du sang, l’Afrique est contrainte d’affirmer sa propre présence et de conquérir le monde au moyen du droit. Elle ne peut le faire sans que ses représentants traduisent dans leurs comportements cette exigence’’. Toute chose qui relève qu’il est bien possible de faire le développement avec le respect du droit et de la justice sans recourir à « la dictature du développement ». S’il est vrai que les fruits économiques peinent à suivre les fleurs démocratiques, ce n’est point en raison de ce que le couple droits démocratiques et développement économique n’est pas assorti analyse-t-on sans équivoque. « Le développement d’un État est tributaire de la capacité de sa justice à mettre fin aux litiges, à promouvoir la paix et à prévenir les conflits par le règlement prompt des différends au moyen des principes de justice équitable » soutient-on dans le premier cercle autour du candidat Joseph Djogbénou.

Des réformes juridiques et judiciaires

Dans le cadre du renforcement de l’État de droit, en ne niant pas la possibilité de réviser ou de modifier tout texte, Alternative citoyenne (Ac) considère que « la Constitution du 11 décembre 1990 devra être encore éprouvée dans toutes ses utilités positives, explicites ou implicites. Cette épreuve consistera, en particulier, à la renforcer par une pratique positive, incarnée en priorité par le président de la République et son gouvernement » ainsi que les autres acteurs institutionnels de la République. Ainsi, des réformes de fond telles que celle relative à la police judiciaire afin de régler définitivement la question de tutelle de ce corps essentiel du système judiciaire est déjà en bonne place dans la boîte à outils de Alternative citoyenne (Ac).

Jeter les bases de la prospérité

Au demeurant, il apparaît qu’afin de relancer le développement dans la paix au Bénin, le candidat Djogbénou repose sa démarche sur la possibilité de conclure dans le cadre des prochaines législatives un contrat de législature au sein même de la classe politique nationale. Dans ce cadre, il sera nécessaire de réaffirmer les principes intangibles de l’État de droit et des libertés publiques. Ceci étant, il envisage de prendre comme centre d’intérêt, le caractère majoritairement « jeune » de la population béninoise pour asseoir les grandes lignes d’un programme de gouvernement se rapportant au cadre référentiel que sont les Études nationales de perspectives à long terme (Alafia 2025). Ce contrat de législature s’articulera autour des secteurs de l'énergie, de l’éducation, de la justice, de la santé, de l'agriculture, de la technologie, de la culture, des loisirs et des sports. Ce contrat de législature peut générer une plate-forme de réformes législatives à prioriser au cours du prochain quinquennat présidentiel.

Qui est Me Joseph Djogbénou?

Universitaire, précédemment très actif au sein de la société civile, Me Joseph Djogbénou a pris, avant tout, une responsabilité historique sans équivoque au sein du parti « Alternative Citoyenne » à la veille de l’affirmation de ses choix politiques, en acceptant d'en être le Président d'honneur. Il a assumé un leadership actif en matière du contrôle citoyen de l’action publique pendant plus d’une décennie. Dans ce milieu, il s’est forgé une renommée qui inspire admiration et respect. Le présidentiable déclaré, qui l’affiche sans réserve, a vu le jour le 20 mars 1969 à Abomey. Il a fait tout son cursus scolaire et universitaire en République du Bénin. Il se présente lui-même comme étant un fils d'Abomey et de Sakété, région d’origine de sa mère. Il est titulaire d’une agrégation en droit privé et en sciences criminelles. C’était à l’occasion de la session tenue en 2009, il est ressorti major de sa promotion. Avocat respectable qui s’est fait un nom ici et ailleurs, il a été major de l'examen du Certificat d'aptitude à la profession d'Avocat  en 1998.Tout au long de son parcours professionnel, il a défendu des causes historiques, parfois risquées, très souvent délicates, qui resteront gravées dans les annales judiciaires du Bénin.

 

 

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L'Afrique : pôle majeur de la mondialisation au 21ème siècle

10 Juillet 2014 , Rédigé par ibe_master Publié dans #Economie

A l'occasion d'un grand forum économique France-Afrique, qui réunira mercredi 4 décembre près de 600 patrons à Bercy, Hubert Védrine va remettre un rapport à Pierre Moscovici sur les relations entre Paris et le continent africain. Entretien exclusif avec l'ancien ministre des Affaires étrangères.  

On ne vous attendait pas, vous le spécialiste des questions stratégiques, sur le terrain économique.

- J’ai accepté cette mission parce que l’idée était originale : se concentrer exclusivement sur la dimension économique de cette relation si passionnelle entre la France et l’Afrique. Autrement dit, l’originalité du groupe de travail, que Pierre Moscovici a eu le mérite de constituer, réside justement dans les sujets qu’il n’aborde pas, le passé, le néocolonialisme... Les Africains étaient très demandeurs, eux qui nous reprochent souvent de nous perdre dans des débats sans fin sur la Françafrique, alors que tout cela est derrière nous.

Vos interlocuteurs africains n’ont jamais évoqué le fait que vous travailliez auprès de François Mitterrand quand la Françafrique était encore une réalité très prégnante ?

- Franchement non. D’ailleurs, quand j’étais à l’Elysée, je m’occupais très peu d’Afrique. C’est plus tard, quand j’ai été ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, que j’y ai rencontré beaucoup de monde, noué des amitiés. 

L’Afrique, écrivez-vous dans ce rapport, sera l’un des pôles majeurs de la mondialisation au 21e siècle. Or la France, qui a tant d’atouts sur ce continent, n’a pas pris la mesure de l’enjeu. Elle y a perdu beaucoup de parts de marché et d’influence. "Il est donc vital et urgent de réagir", ajoutez-vous...

- Oui, si nous réagissons, l’Afrique subsaharienne peut devenir le nouvel "Eldorado" de la France, la source de très nombreux emplois, jusqu'à 200.000 emplois dans les cinq prochaines années. Mais nos compatriotes ne savent pas cela, pas assez. Les idées reçues ont la vie dure. Pour la plupart des Français, l’Afrique est le continent des laissés-pour-compte, de la misère et de la pauvreté, le continent que les jeunes désespérés fuient en masse au péril de leur vie, le continent nouveau foyer du terrorisme, le continent de l’aide humanitaire. Cette Afrique existe évidemment. Mais elle en masque une autre, plus nombreuse, plus puissante, l’Afrique qui construit l’avenir.

Savez-vous que, depuis plus dix dans, la croissance économique du continent se situe juste derrière celle de l’Asie ? Elle a été en moyenne de 5% par an et devrait atteindre 6,4% l’an prochain ! Même si elle ne représente encore que 2% du commerce mondial, l’Afrique a connu la plus forte croissance dans les échanges internationaux entre 2000 et 2011. C’est le continent qui épargne le plus après l’Asie : les réserves de change y sont estimées à 500 milliards de dollars.

Mais le niveau de développement y est encore faible et l’insécurité grande...

- Là encore, attention aux idées reçues ! Savez-vous que la part de l’Afrique subsaharienne dans les conflits violents dans le monde est passée de 55% à 24% entre 2002 et 2011 ? Que plus de 80% de la population du continent sont connectés à un réseau de téléphonie mobile, que les classes moyennes africaines représentent déjà entre 300 et 500 millions d’individus et que les quarante Africains les plus riches ont une fortune cumulée qui dépasse 70 milliards de dollars ? Et les potentialités sont impressionnantes.

D’ici 2050, la population africaine doublera pour atteindre près de deux milliards d’individus, ce qui en fera l’un des plus grands marchés du monde. D’ici 2020, c'est-à-dire dans sept ans seulement, les dépenses annuelles des ménages africains devraient passer de 840 milliards de dollars à 1.400 !

Et vous faites le constat que la France recule sur ce gigantesque marché potentiel...

- Malheureusement oui. Entre 2000 et 2011, la part de marché de nos entreprises au Sud du Sahara a baissé de 10% à moins de 5%, même si en valeur les exportations françaises ont doublé. C’est qu’entre-temps la Chine s’est activée. Sa part de marché sur le continent est passée de moins de 2% en 1990 à plus de 16% en 2011, tandis que nombreux autres pays, comme l’Inde, les Etats-Unis ou le Brésil, ont intensifié leurs liens avec l’Afrique. Cela dit, la France demeure un acteur important sur le continent.

Dans la zone CFA, les anciennes colonies pour l’essentiel, les entreprises françaises font jeu égal avec la Chine. En Afrique subsaharienne, la France est le troisième investisseur et des grands groupes, tels Total, Alstom, Schneider, Sanofi ou Orange, sont de plus en plus présents.

La France a d’autres atouts, majeurs...

- Bien sûr. En Afrique, il y a 100 millions de francophones et 250.000 Français vivent sur le continent, tandis que la France demeure le premier pays d’accueil des étudiants africains et que 400 partenariats unissent les collectivités locales françaises et africaines. Et puis, il y a les 2,3 millions d’immigrés qui viennent du continent.

Le groupe de travail que vous avez animé, et qui comportait quatre autres éminents spécialistes (Lionel Zinsou, Jean Michel Sévérino, Hakim El Karaoui et Tidjane Thiam), propose comme objectif le doublement des exportations françaises vers l’Afrique dans les cinq prochaines années, ce qui, dites-vous, permettrait de créer jusqu’à 200.000 emplois en France. Quelles sont les principales mesures que vous préconisez pour atteindre ce but ambitieux ?

- Dans ce rapport de 170 pages, nous faisons 15 propositions, très détaillées. En voici quelques-unes. La plus importante et la plus urgente, me semble-t-il, est de rendre beaucoup plus facile l’obtention des visas économiques. Cette mesure est très attendue par les hommes d’affaires africains qui disent vouloir que la France reste sur le continent mais regrettent d’avoir tant de difficultés à venir dans l’hexagone.

Vous proposez une mesure concernant les étudiants africains qui va faire grincer des dents...

- Notre idée est la suivante : pour les étudiants étrangers, les frais d’inscription dans nos universités sont faibles comparés à ceux demandés dans la plupart des grands pays occidentaux. Nous proposons de les augmenter légèrement et de consacrer une partie de la somme supplémentaire ainsi récoltée à l’attribution de bourses d’excellence réservées à des étudiants africains.

Une des propositions les plus ambitieuses a trait à la zone CFA...

- Oui, nous proposons de l’élargir afin de constituer une vaste zone de stabilité monétaire. Nous pourrions y inclure des pays lusophones et anglophones, tels le Nigéria, le Ghana ou l’Angola. Nous verrons comment réagiront à cette proposition les chefs d’Etat africains que François Hollande réunit le week-end prochain à l’Elysée pour le sommet sur la paix et la sécurité sur le continent.

Le rapport traite aussi du risque politique...

- Oui, il nous semble important que les agences de notation et institutions financières examinent plus en détail le risque politique en Afrique. A notre avis, elles concluront qu’effectivement cinq ou six pays sont trop dangereux pour que l’on y investisse, mais que beaucoup d’autres sont aussi sûrs que la plupart des Etats du monde. Nous proposons aussi que la Caisse des Dépôts et l’Agence Français du Développement crée un nouvel établissement financier chargé de financer les projets d’infrastructures en Afrique par des prêts à long terme.

Et puis vous avancez l’idée d’une fondation franco-africaine pour "incarner et porter ce renouveau"...

- Il nous semble essentiel qu’il y ait un suivi de ces questions, sans pour autant créer une organisation lourde. Ce serait la mission d’un établissement mixte, public privé, dont l’activité serait centrée sur le renforcement des liens entre la France et l’Afrique - une idée simple qu’on peut mettre en œuvre rapidement.


Propos recueillis par Vincent Jauvert, mardi 3 décembre – Le Nouvel Observateur

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CENA 2014-2021 : Géneviève Bocco Nadjo, future Présidente ?

3 Juillet 2014 , Rédigé par ibe_master Publié dans #Actualités

genevieve-bocco.pngFutur(e) Président(e) de la CENA : les chances de GBN face à Emmanuel TIANDO ?

 

Les membres de la commission électorale nationale autonome (Cena)  ont prêté serment ce mercredi 2 juillet 2014 devant la Cour constitutionnelle. C’est donc la bataille pour le contrôle de l’institution qui aura à charge l’organisation des élections au Bénin pour les sept prochaines années qui retient les attentions.   

Démarré le mardi 20 mai 2014, le processus de désignation des membres de la commission électorale nationale autonome n’a abouti qu’un mois plus tard. La raison de ce blocage fut liée aux dispositions de l’article 19 de la Loi N° 2013-06 portant code électoral en République du Bénin. En effet, les dispositions de cet article stipulent que «  la Céna est composée de 5 membres désignés par l’Assemblée nationale. Ces membres sont choisis parmi  les personnalités reconnues pour leur compétence, leur probité, leur impartialité, leur moralité, leur sens patriotique et désignées à raison de 2 par la majorité parlementaire, 2 par la minorité parlementaire, et 1 magistrat de siège ». Toujours selon les dispositions de l’article 19 du code électoral, « pour le choix du magistrat, l’Assemblée générale des magistrats propose une liste de 3 magistrats de siège ayant exercé de façon continue pendant 15 ans au moins, et l’Assemblée nationale choisi le représentant des magistrats sur cette liste à la majorité des 2/3. C’est justement ce qui a occasionné ce blocage. Il a fallu plusieurs semaines de tractations pour aboutir à un consensus. Ainsi, la séance plénière du mardi 17 juin 2014 a permis de sortir le cinquième membre de cette céna après les quatre désignés par le Parlement.  Conforment aux dispositions du même code électoral, les membres de la Céna permanente ont finalement prêté serment ce mercredi 2 juillet 2014 devant les sages de la Cour constitutionnelle.

Nouveau combat

Après la désignation et l’installation des membres de la Céna, le prochain combat se mènera au sein même des membres de l’institution. Il est lié au contrôle de l’institution dont l’importance n’est plus à démontrer.  En effet, au terme du processus de désignation des membres de la Céna, les personnalités suivantes ont été désignées : Emmanuel Tiando et Moise Bossou, respectivement secrétaire général de la présidence de la République et membre de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) en fin de mandat. Ils sont donc désignés pour le compte de la mouvance présidentielle. La minorité parlementaire composée de  l’Union fait la Nation (UN) et du Parti du Renouveau démocratique (PRD) ont mandaté Basile Fassinou et Freddy Houngbédji. Le premier est membre du bureau politique du Madep, un parti de la coalition Un. Le second est le fils de Me Adrien Houngbédji, président du Parti du renouveau démocratique (Prd),. Pour représenter les magistrats, c’est Geneviève Bocco Nadjo qui a été désigné par les députés.

A voir le profil des personnalités désignées et la configuration politique de la Céna, l’on est tenté de dire que la bataille pour le contrôle de l’institution sera très rude. Sauf que certains faits permettent bien de faire des projections.  Tout le jeu politique pour l’élection du président de la Céna semble avoir été joué lors des  tractations pour la désignation du représentant des magistrats au sein de l’institution. , D’ailleurs, des observateurs pensent que l’élection du bureau de la Céna livrera à coup sûr les secrets des concessions faites entre le Prd, la Rb et les Fcbe et qui ont permis de désigner Geneviève Bocco Nadjo. En attendant donc de savoir à quel prix les députés Prd et Rb ont opté pour le même choix que les Fcbe, des sources concordantes informent déjà que les trois forces en présence à savoir opposition, mouvance et magistrat seront représentées au sein du bureau de la Céna. S’il est clair que la mouvance qui semble influencer le processus depuis son début n’accepterait laisser la présidence à l’opposition, on pourrait donc déduire que le représentant du Prd est parti pour être Vice-président de la Céna ou à défaut, le trésorier. Le duel 

se jouera donc entre le Secrétaire général de la présidence qui pèse aussi de son poids et le magistrat porté par la mouvance. A ce niveau, deux équations restent irrésolues : primo à défaut d’avoir la présidence de l’institution, les Prd préfèrent le moindre mal. Du coup, ces derniers pensent que le magistrat pourrait être un peu plus impartial que l’ancien ministre Tiando qui semble être en mission pour le chef de l’Etat à qui il est resté fidèle depuis toujours.  Secundo, les mouvanciers veulent avoir à la tête de l’institution, un des leurs qu’ils pourront garder facilement à l’œil. Mieux, ils pensent que pour mieux gérer les ressources financières de l’institution, une femme serait plus rigoureuse. C’est dire donc que pour la présidence de la Céna, ça se joue entre Emmanuel Tiando et Géneviève Bocco Nadjo. Toutefois, la politique étant aussi des calculs de circonstance basés sur des intérêts personnels, on attendra les élections au sein des membres de la Céna pour tirer les conclusions qui s’imposent.

 
Cosme keke
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Le piège de la table ronde s'écroule ...

3 Juillet 2014 , Rédigé par ibe_master Publié dans #Actualités

Le Piège de la table ronde

(Par Roger Gbégnonvi)

 
La Table ronde économique tenue à Paris du 17 au 19 juin 2014 a laissé totalement indifférents la plupart des Béninois, notamment les analphabètes, pour qui ce fut un parfait non-événement. Parmi les lecteurs de journaux, beaucoup froncèrent les sourcils en se demandant ‘‘c’est quoi ça encore ?’’ Il faut dire que la dureté des temps ne permet pas aujourd’hui aux Béninois de se distraire à des micmacs parisiens. Quelques-uns cependant ont fait l’effort de chercher la raison profonde et cachée de cette Table ronde boudée par les patronats béninois et français, et qui fut donc organisée en dépit du bon sens économique.
​De leurs réflexions, il ressort que les Béninois ne doivent pas être dupes. L’homme est déjà en campagne pour les législatives, et sa Table ronde avec son cortège de manipulations et d’annonces de milliers de milliards à faire pâlir Crésus, sera son principal thème de campagne. Car c’est bientôt qu’il demandera à ces ‘‘chers compatriotes’’ de lui donner la majorité nécessaire pour pouvoir mobiliser les milliards qui lui ont été promis. Car il lui faut 60 à 70 députés afin de pouvoir réviser la Constitution pour s’incruster au pouvoir. Car si par totale invraisemblance, il arrivait à s’octroyer le troisième mandat dont il rêve, il en ferait un mandat à vie par goût irraisonné du pouvoir. Dans cette perspective, sa Table ronde est du pur cinéma rondement conclu par la mielleuse interview à Rfi, le spectacle terminé.
​ L’homme est un charmeur talentueux. Mais il est allé assez longtemps à l’école (il l’a confirmé à Rfi) pour savoir, comme tout le monde, que les Tables rondes, genre celle qu’il a organisée à Paris, sont des foires à promesses : l’entrepreneur privé met sur la table une enveloppe virtuelle, aussi grosse que possible, afin de prendre date pour le jour où il y aurait vraiment des affaires réelles et des profits à engranger pour son entreprise. Mais rien de concret dans l’instant. Et le docteur en économie, qu’il est, sait très bien que, dans le meilleur des cas, moins de 1% des projets aboutissent après quelques années. Il sait aussi que dans tous les pays du monde la plupart des projets d’investissement sérieux n’attendent pas les Tables rondes et sont l’objet de plusieurs années d’étude et de négociation avant leur financement et leur réalisation effective. Voilà la réalité, et tout docteur en économie le sait.
​La Table ronde de Paris n’est donc rien d’autre qu’une astuce pour avoir le nombre de députés pouvant permettre la révision de la Constitution pour l’incrustation du charmeur au pouvoir. Un piège que les Béninois regarderont pour mieux l’éviter. Manipulés comme il n’est pas permis, systématiquement bassinés et ne faisant pas jouer suffisamment leur esprit critique, certains pourraient prendre pour parole d’évangile sa promesse, souvent répétée, de respecter la Constitution et de partir le 6 avril 2016. Oui, mais quelle Constitution ? Celle du 11 décembre 1990 ou celle qu’on aura accouchée au forceps avant mars 2016 ? D’autres, qui sont enclins à croire au Père Noël, prendront la défense du charmeur en arguant que ‘‘il a quand même dit à Pape et à Président…’’ Hélas pour le charmeur, ces éminents responsables ne sont pas garants du respect de notre Constitution ni du respect d’aucune promesse faite par un charmeur. Hélas pour lui, Benoît XVI, son papal interlocuteur, est parti de son propre gré après huit années de pontificat, et Barack Obama, son présidentiel interlocuteur, s’en ira de la Maison Blanche après son second mandat. Hélas pour le charmeur, si Barack Obama en fait aujourd’hui la promesse aux Américains, ses compatriotes sont capables d’exiger sa destitution, parce qu’il enfonce des portes ouvertes et qu’ils ne peuvent pas supporter une telle incohérence de la part de leur Président.
​Il tendra d’autres pièges après celui de la Table ronde. Que les Béninois restent méfiants et se tiennent prêts dans tous les cas pour le 6 avril 2016 à minuit : Table ronde ou pas, LEPI ou pas, ils rompront le charme, ils tourneront définitivement la page du charmeur.

 

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