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Iredey Blog Emergence

De belles tresses au gouvernement: CHRISTIANE TAUBIRA l'a fait

30 Mai 2012 , Rédigé par ibe_master

Le monde entier le sait depuis hier, Christiane Taubira est désormais ministre de la Justice, et surtout numéro 3 dans l'ordre protocolaire. OK les esprits chagrins raillent son inexpérience judiciaire. OK les mêmes insistent sur le fait qu'elle ne doive sa place qu'à l'accord PS/Radicaux de Gauche, et au fait que le patron du parti Jean-Michel Bayelet soit sous le coup d'une mise en examen.

Nous préfererons retenir deux choses.

La première que c'est une femme, noire, intègre et surtout forte qui occupera ce poste important.

La seconde c'est que d'un point de vue purement capillaire que Christiane tord le cou à une idée bien trop répandue: on peut être une femme noire et réussir avec ses cheveux n-a-t-u-r-e-l-s.

On le voit sur l'affiche, déjà en 2002, de sa campagne présidentielle. On peut le voir en couverture de ses livres, on peut le voir quand elle passe à la télévision. Bref, Christiane est une femme extrêmement importante de la vie politique française, et pourtant elle arbore des tresses tous les jours!

Espérons que nos soeurs en prendront graine, et n'hésiteront pas à reconsidérer leurs cheveux naturels. Si Christiane Taubira peut devenir numéro 3 d'un gouvernement avec des tresses, on peut se demander si arborer greffes, chignon ou perruques, est vraiment nécessaire pour réussir au plus haut niveau. Et si une femme aussi occupée qu'elle réussit à entretenir ses cheveux, on peut penser que c'est à la portée de tous.

Avis personnel, greffe, chignon ou perruque, une femme noire restera en génral considérée comme une noire, et ce n'est pas sa coiffure qui y changera grand chose. Apprenons à nous aimer comme nous sommes, et les autres nous aimeront ainsi!

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La beauté de la femme noire ....

30 Mai 2012 , Rédigé par ibe_master Publié dans #Actualités


Beauté africaine : quels sont les canons de beauté de la femme africaine ?
A l’occasion de la journée internationale de la femme africaine, nous nous proposons de présenter les canons de beauté de la femme africaine. Avec l’explosion des Médias, d’internet, la diffusion des séries télévisées hollywoodiennes, des telenovelas en Afrique et la prolifération sur les marchés africains des magazines de mode occidentaux, la femme africaine a perdu ses repères et ses modèles. Elle a tendance à s’identifier à la femme occidentale, oubliant ainsi ses canons de beauté originels tant célébrés et magnifiés par Le poète sénégalais Léopold Sedar Senghor dans son poème Femme noire.

Désormais, elles veulent presque toutes ressembler à Beyonce, Shakira , Kate Moss…Elles veulent toutes être blondes ou brunes, avoir des jambes interminables, Avoir un teint clair-mate, être mince ,très mince avec des lèvres charnues, une poitrine pulpeuse, et un fessier rebondi. Elles ne lésinent pas sur les moyens pour pouvoir atteindre leurs objectifs.

Certaines engagent toutes leurs économies dans la chirurgie esthétique, dans l’achat de produits décapant et éclaircissant, dans l’achat de perruques et produits capillaires, dans les injections de toutes sortes.
Elle semble révolue l’époque où la femme africaine était fière de son joli teint noir ébène qui luisait au soleil. Elles veulent toutes désormais être blanches comme leurs idoles pour cela, elles se sont plongées dans la dépigmentation. Bravant les risques de Cancer de la peau, elles utilisent les produits toxiques et dangereux (eau de javel, hydroquinone, eau oxygénée..). Selon une étude réalisée en 2004 par une équipe de dermatologues à Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, sur 100 femmes, 50 utilisent des produits dépigmentant. Le phénomène est le troisième problème de santé publique au pays de Thomas Sankara.

Les conséquences sont parfois lourdes pour la santé : Les acnés, les brûlures, les mycoses et les eczémas. Dans certaines villes africaines, on observe l’apparition d’une nouvelle espèce de femme appelée selon les régions ‘’tout couleur’’,’’peau de panthère’’, ‘’coca –Fanta’’ ou alors ‘’couleur taxi’’. Ce sont des femmes qui après avoir raté leur dépigmentation se retrouvent avec des tâches noires disgracieuses un peu partout sur la peau. Les complexes hérités de la colonisation ont décidément la peau dure.

Elle est terminée l’époque où les femmes corpulentes avaient la cote. Complexées par leur poids et leurs formes généreuses, les femmes africaines se plongent de plus en plus dans des régimes forcés pour apparaître chétives, anorexiques avec un postérieur plat comme une planche .Que voulez vous, il paraît que c’est la mode ! ‘’Colonialisme modal’’, quand tu nous tiens !

Les femmes minces ne sont pas en reste ; elles se oignent les fesses, les seins et les hanches avec des ‘’pommades et décoctions magiques’’ afin d’avoir le postérieur de Jennifer lopez, les seins de Pamela Anderson et le déhanché de shakira. Les plus riches optent généralement pour la chirurgie esthétique.

Jadis en Afrique, les Hommes avaient une préférence pour les femmes pleines de rondeurs, avec une forte et généreuse poitrine communément appelée dans le jargon local ‘’lolos’’.On distinguait même une échelle de classification de’’ lolos’’ par ordre décroissant de grosseur ; parmi les catégories les plus courues et prisées, on distinguait des lolos pastèques, les lolos papayes, les lolos noix de coco et les lolos oranges. Le fessier était aussi un canon de beauté très déterminant dans les canons originels de beauté africaine, Les femmes aux fessiers denses, relevés et soutenus communément appelés selon les pays (les Dombolo,les botcho, les bobarabas, les makandi, les tassaba, les wolossos) étaient considérés comme très belles.

Elles balançaient leur fessier avec une grâce divine au point d’en faire perdre la tête au curé du coin. Les femmes qui possédaient des ‘’pistolets’’ développaient une silhouette à la forme d’une guitare espagnole, les modèles coca-cola ne laissaient personne indifférent. Avec une telle artillerie lourde, les femmes africaines étaient sûres de mettre le feu, de foutre le désordre dans les pantalons des hommes les plus sérieux à moins de temps qu’Eve pour convaincre Adam de manger la pomme au jardin d’Eden. C’était une véritable invitation au péché.

Au Niger, les Femmes corpulentes, dodues sont encore appréciées, Elles se gavent comme des oies. Leur forte corpulence étant signe de santé, de bien être, d’aisance. La femme maigre étant considérée comme pauvre, maltraitée, ou malade. Dans plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest des concours de Miss beauté sont organisés pour récompenser les femmes fortes et corpulentes.

Cependant, Ce n’est pas une invitation à l’obésité et à ses complications.
Avec de l’explosion des médias, les canons de beauté de la femme africaine ont tendance à s’harmoniser avec ceux de la femme occidentale. Les femmes africaines s’identifient de nos jours à leurs sœurs d’occident. Elles se peignent à présent le visage avec des produits de toutes sortes et de toutes les couleurs. On distingue même une espèce de femmes appelées ‘’femmes arc en ciel ‘’ ou ‘’femmes caméléon’’, leurs yeux croupissent généralement sous le poids des phares et teintures multicolores.

Les tatouages et piercings un peu partout sur le corps sont devenus les faits de mode, certaines effectuent des piercings à la bouche, au nez, au nombril, à la langue et même au niveau des parties les plus insoupçonnables, Les coiffures sont faites à présent de greffes et de mèches. Elle semble lointaine l’époque des tresses, des tissages, des nattes. Certaines femmes africaines se mettent à présent des chaînes aux pieds, certainement en souvenir de l’époque de l’esclavage où leurs ancêtres étaient enchainés. Les ‘’Kabagondo’’, les pagnes et autres jolis accoutrements ont laissé place aux tenus les plus obscènes : DVD (dos et ventre dehors), VCD (ventre et cuisses dehors), VMS (voici mon string), SMS (suis mon string), DMC (Déshabilles moi chéri)…

Pourquoi ont-elles besoin de s’encombrer de tant d’artifices pour paraître belles ? Et pourtant, c’est connu que la femme africaine naturelle est la plus belle.

Tant pis pour les nostalgiques de l’époque des jolis bracelets, des jolis colliers, des Kabagondo, de l’huile de karité, des jolies tresses, des poudres de Kaolin, des peaux luisantes au soleil. On n’arrête pas la mode vous dira-t-on.

Triste est de constater que le colonialisme se poursuit à travers la mode, la culture et les medias. L’Africain semble n’avoir rien à proposer sur la scène internationale et demeure un éternel consommateur des cultures, modèles imposés et importés.

Les murs de chambre des adolescents africains sont pleins de posters des stars d’Hollywood qui les font fantasmer et rêver. Et lorsqu’on leur demande de citer la femme la plus belle à leur goût, c’est généralement une vedette d’Hollywood qui est citée.

Selon vous, que restent ils de la beauté de la femme africaine ? Qu’est ce qui vous attire chez une femme africaine ? Comment conserver nos canons de beauté ?

Les Critères de beauté variant d’une personne à une autre, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Et Comme dirait l’artiste, ‘’toutes les femmes sont belles, la beauté est relative’’.
Le but de cet article n’est pas de renier les apports de la mondialisation et du modernisme, mais d’inviter la femme africaine à savoir en faire bon usage. Nous invitons les femmes africaines à garder leur identité culturelle et leur beauté naturelle.

Bonne journée internationale de la femme africaine à toutes les africaines

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L'Afrique et les francs maçons ...

12 Mai 2012 , Rédigé par ibe_master

Franc-maçonnerie : l'Afrique bien logée

Alpha Condé(323) - Ali Bongo Ondimba(304) - Jeannot Ahoussou Kouadio(16) - franc maçon(9)

Publier le 24/04/2012 à 16h:00 Par Pascal Airault, envoyé spécial

Source : Jeune Afrique

 

La franc-maçonnerie a infiltré les milieux politiques, économiques et militaires du continent. © Regis Duvignau/Reuters

Rares sont ceux qui avouent leur appartenance. Pourtant, avec ses rites et son goût du secret, la franc-maçonnerie fascine et fait chaque jour de nouveaux adeptes. Et sur le continent, dans les cercles du pouvoir, beaucoup en font partie.

À Libreville, on l'a surnommé « Papa Roméo ». On a remarqué qu'il avait préféré se faire discret et ne pas se montrer au grand raout annuel des francs-maçons (les Rencontres humanistes fraternelles africaines et malgaches, Rehfram), qui s'est tenu les 9 et 10 mars dans la capitale gabonaise. On sait aussi qu'il avait peu apprécié de voir diffusées, il y a deux ans, les images de son intronisation. Lui, c'est Ali Bongo Ondimba, grand maître de la Grande Loge du Gabon et président de la République (le PR à l'origine du nom de code « Papa Roméo »).

Le chef n'était pas là, mais ses « frères » et « soeurs » avaient fait le déplacement jusqu'au Palais des conférences de la Cité de la démocratie, à Libreville. Deux jours durant, ils ont planché sur un thème, aux allures de mantra : « Si nous persévérons sur le chemin de la vertu, la vie devient calme et paisible ». Un exercice purificatoire ? Peut-être. Les francs-maçons sont accusés d'avoir perdu les valeurs de justice, de liberté et de tolérance qu'ils étaient censés défendre. « En France, ils peuvent se prévaloir d'avoir mené certains combats pour la laïcité ou l'abolition de la peine de mort, explique un leader de la société civile gabonaise. Chez nous, ils sont arrivistes et carriéristes. Ils viennent aux tenues blanches dans l'espoir de rencontrer un ministre ou de faire une affaire. »

Mafia

L'imaginaire populaire va plus loin encore, faisant de la franc-maçonnerie une société mystérieuse et redoutable, où les rites ont des parfums de messe noire, et que les profanes qualifient parfois de « mafia » ou même de « synagogue de Satan ». « Personne ne parle de nos oeuvres de bienfaisance et de nos actions sociales, déplore un frère gabonais. Notre image est détruite. On va jusqu'à nous accuser de crimes liés aux rituels et de trafics d'organes humains. »

En Côte d'Ivoire, plusieurs membres influents du gouvernement ont été initiés.

Importée en Afrique dans les cantines des administrateurs coloniaux, la franc-maçonnerie enregistre pourtant chaque jour de nouvelles recrues dans les rangs du monde politique, économique et militaire... En Côte d'Ivoire, les vocations sont nombreuses. Si le président Ouattara n'est pas connu officiellement pour être un frère triponctué, son Premier ministre, Jeannot Ahoussou-Kouadio, et son ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko, le sont. Près de la moitié du gouvernement actuel fréquenterait les temples. La Grand Loge de Côte d'Ivoire (GLCI), installée dans le quartier de Marcory-Zone-4, à Abidjan, est pilotée par le grand maître Magloire Clotaire Coffie. Elle aurait récemment accueilli le procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio. D'autres personnalités, comme Georges Ouegnin, ancien directeur de protocole d'État, et Laurent Ottro Zirignon, oncle de l'ancien président Gbagbo, « manient la truelle ».

Élite

Chez les voisins maliens et guinéens, on observe le même phénomène d'expansion. Amadou Toumani Touré, renversé le 21 mars, et Alpha Condé veillent aux destinées respectivement de la Grande Loge du Mali et de celle de Guinée. Quant à Blaise Compaoré, il était - jusqu'à ce qu'il cède la place à Djibrill Bassolé, son chef de la diplomatie - grand maître de la Grande Loge du Burkina, qui compte dans ses rangs de nombreux ministres, diplomates et hommes d'affaires, notamment une partie de la direction de la chambre de commerce nationale. Plus au sud, le Béninois Thomas Boni Yayi, évangéliste patenté, a toujours contesté son appartenance à la franc-maçonnerie mais cultive d'étroites relations dans le milieu. Le Togolais Faure Gnassingbé entretient le doute, et fait sourire certains frères : « Ce jeune président a vite compris le moyen de contrôler son élite », remarquent-ils.

Seul le Sénégal, berceau de la franc-maçonnerie africaine au XIXe siècle, semble connaître un léger recul. Pourquoi ? Les confréries y tiennent une place plus importante, au point que l'appartenance à telle ou telle loge a été utilisée comme une arme de dénigrement au cours de la campagne présidentielle. Le camp d'Abdoulaye Wade, le chef de l'État sortant, a accusé Macky Sall d'« en être » (information démentie par l'intéressé), oubliant au passage que « Gorgui » avait lui-même été initié. Avant lui, l'ancien président Abdou Diouf était réputé très proche de la maçonnerie.

Cooptation

Combien sont-ils ? Difficile à dire avec exactitude. « On compte entre 25 000 et 30 000 francs-maçons en Afrique francophone, dont 15 % de femmes, estime Hervé-Emmanuel Nkom, initié au Grand Orient. Nos soeurs sont bien implantées en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Gabon et à Madagascar. » Elles sont avocates, médecins, pharmaciennes, journalistes... Sur le plan de l'africanisation de la maçonnerie, la Grande Île est très avancée avec une dizaine d'obédiences, dont le Grand Rite malgache (GRM), la Grande Loge traditionnelle et symbolique de Madagascar (GLTSM) ou le Grand Rite malgache féminin (GRMF). L'homme d'affaires Andry Rabefarihy et l'ancien directeur général de l'Institut malgache d'innovation Martial Rahariaka ne font pas mystère de leur appartenance.

Frère célèbre, le Gabonais Omar Bongo Ondimba pensait que « l'engagement à l'Art royal exig[eait] des frères et soeurs qu'ils s'impliquent de plus en plus dans les choses de la cité ». Les francs-maçons régnaient alors à tous les échelons du pouvoir à Libreville, même si le chef permettait à des non-initiés d'accéder à des postes à responsabilités. Bongo père avait même réussi le pari d'unifier la maçonnerie gabonaise masculine en créant, en 1978, le Grand Rite équatorial, reconnu par le Grand Orient de France (GODF) et par la Grande Loge de France (GLDF).

En 2010, Ali Bongo Ondimba n'avait pas aimé de voir diffusées les images de son intronisation.

Le Congolais Denis Sassou Nguesso perpétue aujourd'hui cette politique : il a initié le Centrafricain François Bozizé et se pose en doyen des grands maîtres des loges de l'Afrique francophone. Le président Idriss Déby Itno est le très discret grand maître de la Grande Loge du Tchad. Son homologue camerounais, Paul Biya, qui a souvent été présenté comme un rosicrucien (c'est-à-dire comme un membre de l'ordre de la Rose-Croix, société ésotérique), aurait autrefois été initié à la franc-maçonnerie mais serait en sommeil depuis longtemps. La Grande Loge unie du Cameroun (Gluc), pilotée par le grand maître Denis Bouallo, a son site internet, interface pour la cooptation de nouveaux membres.

Depuis plus de vingt ans, la Grande Loge nationale française (GLNF) mène une large offensive afin de s'implanter dans les cercles du pouvoir africain où ministres et chefs d'État ont déjà été initiés. L'ex-grand maître Jean-Charles Foellner, très souvent en mission en Afrique, et son successeur, l'avocat d'affaires niçois proche de Nicolas Sarkozy, François Stifani, ont été les principaux artisans de cette conquête. Initié dans une loge au Sénégal, c'est devant Foellner que Denis Sassou Nguesso a prêté serment comme grand maître de la Grande Loge du Congo en novembre 2007. Parmi les personnalités présentes, le neveu du président congolais et patron du Conseil national de sécurité (CNS), l'influent Jean-Dominique Okemba. Trois mois plus tard, le Congo accueillait à Pointe-Noire la seizième édition des Rehfram. Représenté par Émile Ouosso, déjà ministre de l'Équipement et des Travaux publics, le président congolais donnait sa vision du franc-maçon : « Un être de progrès qui avance, un être de dépassement, capable de s'affranchir des exigences du milieu, un être de perspectives dont les anticipations peuvent et doivent aller au-delà de la contrainte de sélection. » Aujourd'hui, une bonne partie du gouvernement et de l'appareil sécuritaire du pays est franc-maçon. Et l'opposant Guy-Romain Kinfoussia est le grand maître du Grand Orient du Congo - ce qui n'est pas sans rappeler la guerre qui avait opposé, à la fin des années 1990, Sassou Nguesso et Pascal Lissouba, initié au Grand Orient de Besançon.

Sous Ali Bongo Ondimba, le système maçonnique a été reconduit à Libreville. L'émission Infrarouge diffusée en décembre 2010 sur France 2 a dévoilé les dessous de son intronisation, le fils reprenant le maillet de son père pour officier au grade de grand maître de la Grande Loge du Gabon. Ce 31 octobre 2009, on reconnaît sur la vidéo l'ex-ministre des Affaires étrangères Paul Toungui, son collègue de l'Éducation nationale Séraphin Moundounga, le doyen du Sénat Marcel Sandoungout, le patron du Conseil national de sécurité Léon Paul Ngoulakia, des généraux de l'armée et même plusieurs cadres de l'opposition.

Le chef de l'État gabonais souhaite aujourd'hui placer Jean-Baptiste Bikalou, patron de la Chambre de commerce et d'industrie du Gabon, à la tête de la Grande Loge symbolique du Gabon (GLSG, proche du Grand Orient de France). C'est du moins ce qu'affirme un proche de l'actuel grand maître, Antoine Embinga, par ailleurs débarqué de son poste de commandant en chef de la police en janvier dernier. La cousine germaine du chef de l'État, Nicole Assélé, est, quant à elle, vénérable à la Grande Loge féminine du Gabon. Et Ali Bongo Ondimba n'a plus rien à craindre de l'ex-ministre de l'Intérieur et opposant « éclairé » André Mba Obame, qui s'est mis en sommeil et exilé à Paris.

Lobbying

Pour beaucoup, ce système de gouvernance par cooptation trouve son fondement dans la Françafrique. De Jacques Foccart, le « Monsieur Afrique » de De Gaulle, à Nicolas Sarkozy, en passant par François Mitterrand, la franc-maçonnerie a souvent servi de réseau d'information et de lobbying dans les plus hautes sphères du pouvoir économique et politique. Nombre de ministres de la Coopération (dont Christian Nucci et Jacques Godfrain), des responsables des services de renseignements (comme Marcel Leroy ou Alain Juillet) ou des responsables de l'Agence française de développement (AFD) sont ou ont été francs-maçons.

Des réseaux qui peuvent aussi s'affronter au gré des intérêts politiques ou économiques ou des alternances au pouvoir. Ce qui explique que les querelles soient fréquentes à la tête des loges. Aujourd'hui, de grandes figures comme Denis Sassou Nguesso et Djibrill Bassolé, patron de la Grande Loge du Burkina, sont souvent appelées pour ramener le calme, comme dans le conflit qui a opposé l'avocat Louis Mbanewar Bataka, ancien grand maître de la Grande Loge nationale du Togo (GLNT) peu désireux de passer la main, à Roggy Kossi Paass, l'ex-directeur général chargé du Togo à la Banque internationale pour l'Afrique de l'Ouest (BIAO), qui lui a finalement succédé.

Une certitude : la fascination des dirigeants pour la franc-maçonnerie ne se dément pas. « Mais ce n'est pas un mal africain, plaisante un frère. Dans les années 1970, en France, Giscard d'Estaing voulait lui aussi entrer à la Grande Loge de France (GLDF). Mais il ne souhaitait pas faire son apprentissage : il voulait gravir rapidement tous les échelons. » Du coup, l'affaire a tourné court, et Giscard est resté profane.

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Pascal Airault, envoyé spécial à Libreville.

 

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Ralph Olayé : "Des projets qui ont vocation à transformer le continent" |

12 Mai 2012 , Rédigé par ibe_master

En adoptant un Programme pour le développement des infrastructures en Afrique, les États de l'Union africaine se sont engagés à mettre en oeuvre 51 chantiers essentiels. Entretien avec Ralph Olayé, chargé de l'intégration régionale à la Banque africaine de développement (BAD).

Adopté en janvier par les chefs d'État de l'Union africaine, le Programme de développement des infrastructures en Afrique (Pida) rassemble 51 projets visant à doter le continent d'infrastructures indispensables à son émergence économique à l'horizon 2040. À travers la construction de corridors routiers, de plateformes portuaires et aéroportuaires, de grands barrages hydroélectriques, etc., il ambitionne d'accélérer la croissance économique en Afrique et de doubler le taux des échanges intra-africains, en le portant à 24 %. Ralph Olayé, chargé de l'intégration régionale à la Banque africaine de développement (BAD), en détaille les principaux enjeux.

Jeune afrique : Il y a dix ans, les résultats du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) ont été plus que décevants. Pourquoi le Pida ferait-il mieux ?

Ralph Olayé : La mise en oeuvre du plan d'action du Nepad a été moins bonne que prévue, parce qu'il comprenait un nombre important de projets très onéreux. Avec le Pida, nous avons ciblé 51 projets dans les domaines des transports, de l'énergie, de l'eau et des technologies de l'information et de la communication, qui représentent la priorité des priorités en Afrique et qui doivent être réalisés dans les huit prochaines années. Ce programme est certes ambitieux, mais il est à notre portée : 68 milliards de dollars [52 milliards d'euros, NDLR], c'est 0,2 % des PIB africains, 1 % des budgets nationaux et environ 5 % des budgets d'investissement.

Qui financera ce programme ?

Au moins la moitié du financement de ces infrastructures viendra de ressources domestiques publiques ou privées : les chefs d'État s'y sont engagés. D'ici à 2040, cette contribution sera portée à près de 75 %. L'aide au développement ne jouera plus qu'un rôle de facilitation : les fonds apportés par les bailleurs traditionnels serviront notamment à amener certains projets à maturité, pour ensuite attirer des investisseurs privés locaux.

Des sanctions sont-elles prévues à l'encontre des mauvais élèves ?

Un rapport semestriel permettra d'identifier les États qui avancent bien et ceux dont ce n'est pas le cas. Mais il n'y aura pas de sanctions en tant que telles. En fait, la sanction viendra du déficit en croissance que les pays qui ne joueront pas le jeu connaîtront. Du point de vue méthodologique, nous sommes partis d'une hypothèse de croissance de 6,2 % en moyenne sur les trente prochaines années. Mais ce taux ne pourra être atteint que si les projets d'infrastructures sont réalisés.

Comment comptez-vous aider les États ayant une faible capacité de mobilisation de ressources financières ?

En plus du soutien aux niveaux national et régional pour le renforcement des capacités de planification, d'appropriation budgétaire et de coordination régionale, nous interviendrons à travers des mécanismes de garanties permettant aux pays de mobiliser des investissements étrangers en monnaie locale. Le Pida prévoit que de 5 % à 7 % des montants que l'on vise en investissements soient consacrés à la préparation de ces projets.

Au moins la moitié du financement de ces infrastructures viendra de ressources domestiques publiques ou privées.

Que coûte le déficit en infrastructures à l'Afrique ?

Le manque à gagner n'est pas vraiment chiffré. Mais on sait que le déficit en infrastructures énergétiques représente des pertes annuelles de 2 à 4 points de croissance pour le continent. Et selon notre étude, les gains d'efficacité dans les transports, à la fin de la réalisation du Pida en 2020, équivaudront à 172 milliards de dollars.

Quels sont les projets phare de ce programme ?

Les 51 projets sont importants, mais il y a en a qui sont plus mûrs que d'autres. Nous les avons classés en quatre catégories : du stade 1, qui regroupe les projets en phase d'étude de faisabilité, au stade 4, qui signifie que la concrétisation du projet est imminente. À lui seul, le secteur des transports comprend 24 projets. Mais, en termes de financement, c'est l'énergie qui se taille la part du lion, avec 40 milliards de dollars d'investissements. Reste qu'il ne faut pas se référer aux chiffres pour décréter que tel type d'infrastructure est plus important que d'autres. Tout va ensemble.

À Cannes, en novembre, 11 projets considérés comme prioritaires ont reçu le soutien du G20. Quelle est la position de la BAD par rapport à ces choix ?

Les projets proposés par le panel de haut niveau du G20 ont vocation à transformer le continent. En dehors du projet d'énergie solaire en Afrique du Nord, tous les autres comptent parmi les priorités du Pida, mais nous aurions souhaité que les membres du G20 soutiennent le programme dans son ensemble plutôt que d'en isoler quelques projets. Cela dit, ceux retenus par le G20 - le barrage d'Inga [en RD Congo], par exemple - sont difficiles et leur financement très compliqué à obtenir.

Le partenariat public-privé est souvent préconisé dans le développement des infrastructures. Où en est ce type de partenariat en Afrique ?

Les partenariats public-privé commencent à devenir une réalité. La centrale hydroélectrique de Ruzizi III sur le lac Kivu, d'un coût de 450 millions de dollars et financé à plus de 50 % par des investisseurs privés, en est un exemple. L'un des principaux obstacles à l'essor de ce type de partenariat est la mauvaise perception des risques en Afrique. Notre credo est d'expliquer que le risque perçu n'est pas le risque réel lorsqu'il s'agit des infrastructures.

Nous aurions aimé que le G20 soutienne l'ensemble du programme

Dans quelle catégorie de partenariat classeriez-vous les investissements chinois dans les infrastructures en Afrique ?

Le modèle « ressources naturelles contre infrastructures » est une forme de partenariat public-privé. Les acteurs chinois ont très clairement un rôle à jouer dans le développement des infrastructures en Afrique. Notre souhait est qu'il y ait un peu plus d'inclusion des autres partenaires au développement et un peu plus de transparence dans les contrats. On parle souvent de la Chine, mais d'autres puissances comme le Brésil, la Turquie, l'Inde, l'Australie ou encore la Corée du Sud sont aussi très actives en Afr


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