Un nouveau remaniement s’annonce
A peine le président Boni Yayi a-t-il fini de faire un remaniement technique de son gouvernement que de sources proches de la présidence de la République, on
apprend qu’un nouveau gouvernement se prépare. De nouvelles têtes pourraient faire leur apparition dans ce gouvernement sous certaines conditions.
Si tout va bien le nouveau gouvernement du Bénin sera connu dans quelques semaines. Les raisons de la formation de cet énième gouvernement en trois années de gestion du pouvoir d’Etat sont
d’ordre géopolitiques. En effet, après le limogeage de Soulé Mana Lawani, le Chef de l’Etat se serait rendu compte de son erreur politique. De sources crédibles, il semblerait que le nouveau
ministre des Finances et de l’Economie Idriss Daouda, malgré ses bonnes relations avec le pouvoir, serait très proche de l’opposition. Dès dizaines de fiches seraient envoyées à la Haute Autorité
pour lui démontrer que son nouveau ministre des Finances est le Cheval de Troie que l’opposition via les chancelleries accréditées au Bénin a réussi à placer au cœur de son dispositif.
Intoxication ou manipulation ? Pour l’instant seul le Chef de l’Etat connait les raisons profondes qui l’ont amené à prendre certaines options. Aussi, compte tenu des percées de l’opposition sur
le terrain, les stratèges de la mouvance au pouvoir mettent tout en œuvre afin de contraindre le Chef de l’Etat à faire un remaniement politique car, selon eux, certains ministres actuels du
gouvernement ne font pas le poids sur le terrain.
Le cas Madougou
Dès sa création, la mission que les barons de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle (Umpp) se sont assigné était de converger vers le Dr Boni Yayi tout l’héritage politique du général
Mathieu Kérékou. C’est dans ce cadre que Amos Elègbè, Ali Houdou, Martin Dohou Azonhiho, Timothée Adanlin et bien d’autres cadres du Prpb ont été introduits dans le dispositif du président Boni
Yayi. Mais depuis la publication de l’ouvrage "Mon combat pour la parole" du ministre des micros finances Réckyath Magoudou contre l’homme du 26 octobre 1972 les choses vont mal et M. Elègbé et
consorts ont du mal à rallier les autres membres du Prpb. Ceux-ci conditionnent leur soutien au pouvoir du Changement à un départ du ministre Madougou du gouvernement. « Boni Yayi doit choisir
entre Madougou et Kérékou » déclarent-ils sans ambages. Les plus caciques récusent toute collaboration avec le régime au pouvoir. Or compte tenu de la situation politique du Bénin où l’électorat
de Boni Yayi s’effrite au jour le jour, il y a lieu de s’inquiéter. De quelles marges de manœuvre dispose encore le Chef de l’Etat. Va t-il solliciter le soutien du général Mathieu Kérékou pour
se tirer d’affaire ? Quel discours pourra t-il tenir devant ce dernier lorsqu’on sait que chaque jour les thuriféraires de son régime ne font que discréditer les dix ans de gestion de Mathieu
kérékou ?
Les pressions internes
Outre le cas Réckyath Madougou qui constitue un dilemme pour le Chef de l’Etat, il faut aussi signaler les exigences politiques de l’Umpp. Les géniteurs de cette union autour de Boni Yayi exigent
d’importants portefeuilles ministériels afin de bien quadriller le terrain. Ainsi, ont-ils réussi à convaincre le Chef de l’Etat de ce que seul un nouveau gouvernement politique sera le gage de
sa réélection en 2011. Un vrai chantage politique que ne digèrent pas les autres composantes de la mouvance au pouvoir. « Tout se passe comme si c’est l’Umpp seule qui détient le savoir politique
au Bénin. On reconnait leur expérience mais, ils n’ont qu’a nous coller la paix » a déclaré un baron Fcbe qui a requis l’anonymat. Et un autre d’ajouter que « tout cela est un piège de
l’opposition pour fragiliser et discréditer le Changement. »
A suivre.
Judicaël ZOHOUN