Lundi 9 novembre 2009
Pendant les vacances, une séance de travail avait rassemblé les professionnels de la craie et le président Boni Yayi, en présence des ministres en charge de
l’éducation en vue de recenser les problèmes brûlants de la corporation et trouver une issue de sortie avant la rentrée scolaire. Depuis lors, les menaces de blocage de la rentrée des classes n’ont
pas manqué de se faire au niveau des ordres des enseignements primaire et secondaire. Actuellement les deux ministères sont sur la sellette à cause de dysfonctionnements observés et semblent
remettre en cause l’accalmie qui devrait prévaloir dans les rangs des enseignants. Au point que des voix s’élèvent pour réclamer la démission des deux ministres. Gouverner c’est prévoir. Et on ne
cessera de le répéter. Les promesses d’amélioration des conditions de vie et de travail faites aux enseignants ne sont pas tombées dans les oreilles de sourds. Cette corporation n’est pas à
assimiler à un bétail humain qu’on peut suborner à sa guise. Si à cette rentrée scolaire 2009-2010 des grincements de dents se font de plus en plus observer dans leurs rangs, c’est parce qu’il se
pose de réels problèmes. La fournaise Mesftp Désabusés et désemparés, ils n’ont cesse de crier leur ras-le-bol pour dire avec des mots forts, des gestes très significatifs et des chansons très
porteuses à l’occasion de leurs manifestations comment ils ont mal. Ils disent être fatigués des promesses fallacieuses et des moqueries dont ils sont victimes cherchant chaque fois des boucs
émissaires ou des souffre-douleur ou des excuses perfides pour masquer la vérité. Depuis lundi dernier, les bureaux du ministre Davo (Photo) ont à nouveau enregistré le dépôt d’une motion d’ordre
de grève pour dire non à la duperie. A en croire un enseignant en fonction dans un Ceg de la place, la vérité ne leur est pas toujours dite. C’est à croire que l’Etat préfère que la situation
pourrisse avant de réagir. ‘’Nous sommes fatigués de cette méthode d’agir et réclamons le traitement dû à nos rangs’’, renchérit un directeur d’un autre Ceg. ‘’Trop c’est trop !’’ S’émeut un
professeur de Français, une femme qui s’exclame : ils vont traîner les pas, nous distraire de l’essentiel au point d’en arriver à nous empêcher de jouir de nos justes revendications une fois la
retraite atteinte. Dans la présente motion, les enseignants réunis autour du Syndicat national des enseignants contractuels et permanents du Bénin (Synecp Bénin) réclament que les enseignants
bénéficient des formations professionnelles selon leur catégorie. Ils exigent le reversement en Agents permanents d’Etat de tous les enseignant contractuels des promotions 1997 jusqu’à ce jour
ainsi que le payement des rappels aux ayant droit qui ne sont pas encore satisfaits. Parmi les nombreux points soulevés figurent en bonne place la parution immédiate et sans délai des actes de
reclassement et d’avancement et le payement d’un ensemble de primes, notamment celle des zones déshéritées qui contrairement à ce qui se fait ne sont pas encore payées. Comme si le ciel lui est
tombé sur la tête, le ministre Zacharie Chabi qui est déjà tangué par le dossier des manuels scolaires CI-CP a lui aussi reçu la même motion de grève. Dossier manuel CI-CP Médecin après la mort !
Non assistance aux parents d’élèves en difficultés d’achat de manuels scolaires ! Non fixation à temps des enseignants sur l’exécution d’un programme scolaire précis ! Halte à la moquerie ! C’est
comme cela qu’il convient de résumer la situation floue dans laquelle se trouvent aujourd’hui les acteurs directs et indirects concernés par l’exécution des programmes dans les classes de CI et CP
sur l’étendue du territoire national. Alors que des voix se faisaient de plus en plus fortes pour dénoncer l’incurie ministérielle ayant conduit à la situation déplorée, un communiqué est passé sur
certaines chaînes de télévisions pour présenter les excuses ministérielles. Des excuses tardives. Et comme si cela ne suffisait pas pour en ajouter à la colère des parents d’élèves, c’est le débat
télévisé du vendredi dernier qui a paru une insulte. Manque de vision En effet, on ne comprend pas que dans un pays qui ne souffre pas d’un manque de cadres, l’on ne puisse pas être prévoyant à des
niveaux de décision. Toute la substance du débat ne compense pas les frais que le double achat de manuels de la plupart des parents d’élèves ayant leurs mioches au CI et au CP a occasionnés. Il est
inconcevable que les cadres du ministère des Enseignements maternel et primaire aient manqué à ce point de vision et de vigilance jusqu’à ne pas pouvoir avertir les populations plus tôt à ne pas
acheter les manuels édités en 2002 et en 2004. Pire, lors du débat télévisé il est apparu comme une volonté de distraire le peuple. Ce qui est regrettable, c’est la confession des cadres dudit
ministère sur l’utilisation de l’édition 2009 des manuels et cahiers d’activités des classes concernées dès cette rentrée scolaire. C’est à croire qu’ils ont choisi de se moquer du peuple en
n’ayant rien fait pour retirer les versions non autorisées à partir de cette rentrée scolaire 2009-2010. Les clarifications apportées au cours du débat télévisé ont souffert de l’absence des
parents d’élèves et d’instituteurs ou institutrices pour dire leur part de vérité sur ce sujet sensible qui aurait mérité plus d’attention dans son traitement. Même pas un directeur d’école
primaire du public ou du privé n’a été sollicité pour dire ce que ces acteurs ignorés pensent de cette question. On veut calmer la colère du peuple et on l’ignore comme s’il était insignifiant.
L’ignorance n’est pas seulement faite à ces acteurs-là mais beaucoup plus à une corporation, celle des enseignants du primaire. Tout se passe comme si eux qui sont les premiers concernés n’ont pas
droit au chapitre. Il faut juste les tenir informés de ce que les décideurs ont planifié, traité et retenu en leur nom et à leur place. Dans les débats, il est apparu que les manuels seront dès que
possible, mis en nombre suffisant à la disposition de toutes les écoles primaires sur l’étendue du territoire national. Le flou persiste encore Jusqu’à présent, il y a une situation floue qui
mérite qu’on s’y attarde pour lever tout équivoque. En effet, selon la version ministérielle, c’est toujours l’édition querellée qui est au programme. Mais selon les animateurs du débat, on a cru
comprendre qu’il faut s’attendre à la mise en application de l’édition 2009. Autre chose à retenir est que les écoles privées, à écouter le langage utilisé, sont tenues à l’écart, passent sous
silence. A propos du flou persistant le Directeur de l’Inspection pédagogique (Dip) affirmait qu’en attendant le choix effectif des manuels à exécuter dans les classes CI - CP les anciens manuels
sont toujours en vigueur. Mais, au grand étonnement, c’est encore le même Dip qui, au cours d’un passage récent sur une autre chaîne de télévision en compagnie de deux autres cadres de différentes
structures affirment que les nouveaux manuels sont en vigueur et que toutes les dispositions sont prises pour leur mise à disposition dans toutes les écoles sur toute l’étendue du territoire
national. Il est vraiment temps que le ministre lui-même au-delà de ses excuses diversement appréciées apporte les clarifications nécessaires pour situer les uns et les autres sur les manuels à
utiliser réellement dans les classes. Sur le plan pédagogique Est-ce que les autorités en charge de l’enseignement mesurent tout le tort qui sera fait aux innocents apprenants quant au retard
qu’ils vont accuser dans l’exécution du programme CI - CP ? En effet, de sources proches du ministère des Enseignements maternel et primaire, on apprend que la mise en exécution des nouveaux
manuels sera effective dès le mois de janvier 2010, soit 3 mois après la rentrée scolaire. Or jusqu’à présent, les enseignants concernés ne sont pas encore formés et on se demande s’ils pourront
recevoir la formation adéquate en vue d’une bonne restitution aux tous petits apprenants. La fonction enseignante est un métier très noble qui ne mérite pas d’être galvaudé par des politiques mal
conduites, à la limite expéditive et ce, au grand dam des apprenants qui voient le lit de leurs lacunes s’épaissir. Kolawolé Maxime SANNY
Par ibe_master
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Publié dans : Actualités
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Communauté : Les béninois du monde entier
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