Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 09:34

Sur la Nouvelle Chaine Africaine de l'Information Africa 24  ...

 

 

Comme Denis sassou N'guesso , c'est le Président Béninois qui assure la Présidence de l'Union Africaine depuis quelques jours ....

Par ibe_master
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 12:04

23 rameurs dont une femme au départ de Rames Guyane

Rejoindre CAYENNE par la mer à partir de DAKAR


 

 

A Dakar, pendant que les Sénégalais se mobilisent pour faire respecter leur Constitution bafouée (Europe 1, Francetv), les skippers de la course transatlantique à la rame restent concentrés sur l'épreuve qu'ils préparent depuis plus d'un an.
Le départ a lieu hier dimanche 29 janvier.

Les organisateurs de la course communiquent :

Dimanche  à 10h TU (7 heures en Guyane), les 23 canots engagés dans la troisième édition de la Bouvet Guyane couperont la ligne de départ établie dans l'anse Bernard. Les 23 rameurs solitaires vont rejoindre leurs embarcations dès 8 heures, se préparer pour la navigation au large et évoluer  près de la plage en attendant le signal libérateur : un coup long sonore donné par Rodolphe Alexandre, président du conseil régional de Guyane, et appuyé par le tir de deux fusées parachute. Ils partent pour Cayenne en Guyane de l'autre côté de l'Atlantique. Distance à parcourir : près de 5 000km. Temps de navigation : autour de 40 jours pour les plus rapides. Propulsion : une paire d'avirons.

Par ibe_master
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 08:42

Production du sucre à Savè

Sucre béninois, clients étrangers

 

Source : Isaac A. YAI paru le 30 Décembre 2011


Le Bénin, à travers la Sucrerie de Complant du Bénin (Sucobe) gérée par les Chinois depuis février 2003, produit du sucre. Mais ce sucre est en quantité insuffisante sur le territoire national.  

Dans le tintamarre matinal qui réveille le marché international de Dantokpa ce mercredi 16 novembre, Hibrahim Yacoubou, jeune pousse-pousseur avec son chargement de sucre Saint Louis, se fraie un passage parmi les usagers de ce marché. Dame Yvonne Assongba, propriétaire de la marchandise, suit attentivement sa cargaison jusque sur les étalages de vente. A l’instar de cette vendeuse, le marché Dantokpa compte assez de vendeuses de sucre. Parmi toutes les marques de sucre enregistrées sur les étalages, aucune trace du sucre Sucobe, made in Bénin. "Cela fait plusieurs années que je vends du sucre, mais je n’ai jamais vendu du sucre produit au Bénin.

Je sais qu’on fabrique du sucre au Bénin, mais ce sucre n’existe pas sur le marché pour qu’on puisse en acheter", ajoute Yvonne Asongba. Toutes les marques de sucre : Saint Louis, Spécial sugar, Beighin Say… qu’elles vendent sont importées du Brésil et d’autres pays. "Je ne vends que du sucre. Auparavant, je vendais aussi du sucre 3S (Société sucrière de Savè). Mais depuis que l’usine a été fermée, ce sucre a disparu du marché. Il semble que les activités de cette usine avaient repris, mais je ne sais même pas quelle couleur de sucre sort de cette nouvelle usine", déclare Mouina Akiyo une autre vendeuse. Et pourtant, quelque part dans le département des Collines, il existe depuis février 2003 une industrie sucrière.

 

L’Usine de fabrication du sucre Sucobe à Gobé dans la commune de Savè 

Un empire de cannes-à-sucre 

Gobé, un village de la commune de Savè, situé à quelques 250 km au nord de Cotonou, la métropole économique. Ici, se dressent les installations de la Sucobe (Sucrerie de Complant du Bénin). L’immensité de la verdure des champs de canne-à-sucre rassure que nous sommes dans une usine de fabrication du sucre. Au cœur de cette plantation qui s’étend à perte de vue, est implanté un gigantesque bâtiment, c’est l’usine de fabrication du sucre. Le grincement des dents des moulins mêlé au ronflement des moteurs des vannelles chargées de cannes-à-sucre, qui se font peser sur le pont bascule, annonce le long processus de fabrication du sucre. L’entassement des cannes-à-sucre dans la cour à cannes est la première étape de ce processus qui permettra aux clients d’avoir du sucre.

"A ce niveau, les cannes sont débarrassées des déchets. Elles sont acheminées par la suite vers les moulins où elles sont broyées pour extraire le jus. Après l’extraction, nous avons la bagasse (déchets) et le jus. Le jus obtenu va à la pesée pour savoir son volume parce qu’à une quantité de canne, doit correspondre un volume de jus et de sucre. Ce jus passe à l’épuration-évaporation pour éliminer les déchets. Une fois le jus épuré et évaporé, c’est la section cuite qui suit. A ce niveau, le jus est évaporé jusqu’à l’obtention des cristaux dans un liquide appelé masse-cuite. Quand on turbine cette masse-cuite, nous avons du sucre. Ce sucre va directement à l’ensachage et au stockage et ceux qui veulent acheter, viennent pour en prendre", décrit avec précision Prince Djoko, opérateur au secteur épuration-évaporation.

 

Des vannelles remplies de cannes-à-sucre pour la fabrication du sucre

La destination du sucre Sucobe

Ce sucre fabriqué est-il destiné à être vendu sur le marché local ou ailleurs ? En réalité, l’achat de ce sucre n’exclut personne. Seulement sur le site de l’usine, il n’y a pas de vente en détail et la vente en gros commence à partir de 35 tonnes. A cette quantité, la tonne revient à 440.000 à l’acheteur. Mais à partir de 500 tonnes, il paiera 435.000 F Cfa la tonne. C’est le principal critère qui exclut la grande partie des commerçants béninois car, ils seraient des semi-grossistes et des détaillants et n’auraient pas la capacité de débourser d’importantes sommes. Mais ce sucre serait vendu sur le marché national. "Notre sucre est bien sûr disponible sur le marché béninois, peut-être pas en quantité suffisante parce que notre production varie entre 16.000 et 20.000 tonnes par an", assure Zhang Xi, attaché commercial de Sucobe. Mais les grossistes béninois ne se bousculent pas à Sucobe pour rendre ce sucre disponible sur les marchés de Cotonou. "Ne voyez seulement pas le marché Dantokpa. La plupart de nos clients viennent de Parakou à cause de la proximité. Donc, si vous allez à Parakou, vous verrez du sucre Sucobe sur le marché. Notre sucre est aussi disponible à Dantokpa dans une rue en allant à "Adjégounlè". Moi-même, je viens de Cotonou et je faisais parfois des tours sur les étalages pour voir comment ça se vend. Il faut l’avouer, ce n’est pas en grande quantité car c’est seulement le ¼ de notre production qui est vendu sur le plan local, mais si vous cherchez bien, vous trouverez, Ces temps-ci, notre sucre n’est pas disponible sur le marché de Dantokpa parce que nous venons de commencer la production. Ici, nous produisons du sucre à partir de novembre pour terminer fin février ou début mars de l’année suivante. Mais à partir de décembre, vous pouvez retrouver notre sucre sur le marché", poursuit Zhang Xi.

Pas de vente en détail

"Aucune usine au monde ne vend ses produits en détail, ce n’est pas son rôle. L’usine vend aux grossistes, les grossistes le revendent aux semi-grossistes et les semi-grossistes à leur tour vendent aux détaillants. Si les grossistes viennent vers nous, c’est avec plaisir que nous allons leur vendre du sucre", ajoute Samuel Tèko, chargé des ressources humaines de la Sucobe. A en croire l’attaché commercial, la Sucobe aurait gagné beaucoup à vendre du sucre sur le marché national. Malheureusement, la demande est très faible. "La vente locale est plus rentable, mais il faudrait attendre beaucoup pour espérer enregistrer d’éventuels clients, ce qui n’arrange pas l’usine. On n’a pas le temps d’attendre, il faut faire tourner l’usine afin qu’on puisse faire face à nos charges. Mais l’année dernière, il y a la Sobebra qui était venue pour acheter 2.000 tonnes. Malheureusement, on tendait vers la fin de la vente, car la saison de production va de novembre d’une année à fin février ou début mars de l’année suivante. Elle n’a trouvé que 800 tonnes. A part la Sobebra qui est venue une seule fois, il n’y a que de petits clients qui viennent acheter notre sucre entre 100 et 150 tonnes. Or, notre production varie entre 16.000 et 20.000 tonnes par an. Vous comprenez qu’on ne peut pas viser seulement le marché national", précise Zhang Xi. Pour tirer son épingle du jeu, la Sucobe vise le marché international ainsi, les ¾ de leur production sont destinés pour être vendus à l’étranger. "Ce sucre produit est exporté en grande partie vers l’Europe et la Chine. C’est ça qui fait qu’on observe la pénurie de notre sucre sur le territoire béninois. Les Chinois de la Sucobe gagnent plus dans l’exportation, raison pour laquelle ils tournent leurs regards vers l’extérieur", indique Prince Djoko. "Les Chinois sont des commerçants et c’est une société privée. Ils sont venus se faire de l’argent. S’il n’y a pas de l’argent sur le plan local, il s’oriente ailleurs", poursuit Prince Djoko. "Nous exportons la grande partie de notre sucre vers les pays de l’Europe tels que la France, l’Angleterre", confirme l’attaché commercial. Mais en 2010, le Burkina-Faso a eu l’honneur de goûter à la saveur du sucre béninois. "L’année dernière, nous avons vendu 1.000 tonnes au Burkina-Faso", précise Zhang Xi.

Malgré la faiblesse de la demande nationale, la Sucobe compte augmenter sa production. Désormais, elle produira à partir de 20.000 tonnes par an à condition que la matière première soit suffisamment disponible. Et cette matière première consiste à la disponibilité des cannes-à-sure qui doivent être suffisamment coupées par des coupeurs. "Actuellement, la production est arrêtée parce qu’on n’a pas trouvé assez de coupeurs de cannes-à-sucre (Ce sont des habitant de Savè et ses environs. Ils sont payés à 1000f cfa par ligne de 100 mètres NDR). Si la matière première n’est pas disponible, on ne peut pas continuer la production. Nous avons donc besoin d’assez de coupeurs de cannes-à-sucre afin d’augmenter notre production", a projeté l’attaché commercial. "les 1000 f qu’on nous paie sont insuffisants par rapport à ce que nous faisons : couper les cannes, les débarrasser de leurs feuilles. C’est un travail à risque car on peut se blesser ou être mordu par des serpents. Mais parce que nous n’avons pas mieux à faire, on se contente de cela. C’est parce qu’ils ne paient pas bien que les gens ne veulent pas venir couper, sinon il y a assez de jeunes dans la commune de Savè et autres qui peuvent faire ce travail. Mais ils préfèrent vivre dans leur galère que de se livrer à ce travail", explique un coupeur de Sucobe.

Aussi longtemps que cette situation durera, le sucre Sucobe sera en quantité insuffisante sur le territoire national et la grande partie de la production sera vendue à l’extérieur.

Enquête réalisée avec l’appui de l’UPMB sur financement du Padeg/Danida



30-12-2011, Isac A. YAÏ

Par ibe_master - Publié dans : Actualités - Communauté : Le forum des Tchabe du Bénin
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 21:11

 

Dette intérieure:L’agence Fitch avertit le Bénin

Publié le 28 octobre 2011 Le Benin contre modele économiqe de la ZONE UMOA...

 

Le Bénin fait partie des trois pays africains mis à l’index par l’agence américaine de notation Fitch. En plus du Bénin, le Cameroun et le Gabon ont été accusés par l’agence d’accumuler trop de dette intérieure. A travers un communiqué en date du lundi 24 octobre dernier, l’agence de notation les a mis en garde sur les risques de dégradation de la note de leur dette souveraine à cause de l’accumulation de créances impayées dues à leurs contreparties nationales (PME, fonctionnaires, assurés sociaux…).

Fitch précise que cette accumulation d’arriérés « ne constitue pas un défaut » de paiement, mais « reflète souvent des difficultés pour réaliser les paiements ou des querelles contractuelles plutôt qu’une incapacité ou une volonté du pays de ne pas payer » mais « peut aussi indiquer des problèmes financiers, et les arriérés sont parfois consolidés formellement dans des obligations de dette, auquel cas ils exercent une pression sur la note. »

La note du Bénin est la note B tandis que celle du Cameroun est B-, le Gabon étant BB-. Fitch a alors invité les pays concernés à traiter de manière égalitaire les créanciers internationaux et les créanciers nationaux en raison des risques de fragilisation de l’activité domestique des fournisseurs locaux et de l’impact sur la consommation globale (retard de paiement des fonctionnaires). De plus, l’augmentation des retards de paiement de l’Etat a de graves conséquences sur la confiance des entreprises privées vis-à-vis de l’Etat et des banques vis-à-vis des entreprises.

L’agence estime que ces arriérés sont avant tout le signe d’une mauvaise gestion des finances publiques. Dans la zone franc, cela « peut aussi refléter une instabilité politique », comme le conflit en Côte d’Ivoire début 2011, ou être la conséquence de dépenses de période pré-électorale. Certains pays, tel le Cameroun, privilégient le paiement de leurs créanciers internationaux (dette libellée en devises) au détriment de leurs créanciers nationaux (dette libellée en monnaie locale), rappelle Fitch.

Ces arriérés « peuvent affecter la notation par leur impact sur la croissance de l’économie locale », explique Fitch. « Les retards de paiement du gouvernement au secteur privé peuvent affaiblir la confiance et l’activité, particulièrement là où les gouvernements jouent un rôle majeur dans l’économie. Un secteur privé faible peut affecter les équilibres des banques et leur capacité à prêter », prévient l’agence.

 Les entreprises béninoises dans la tourmente

Interrogé par nos soins en avril dernier, Maître Zakari Djibril Sambaou, avocat à la cour, avait alors estimé que les raisons qui expliquent ces impayés qui s’accumulent sont à rechercher du côté des entreprises elles-mêmes. : « Les entrepreneurs ne prennent pas le soin de se faire accompagner par des avocats-conseils lors de la signature des contrats. Au moment de faire respecter leurs droits, ils se trouvent bloqués parce que les procédures n’ont pas été respectées dès le départ », a-t-il dit.

Un expert en acquisition de biens confie que dans la réalité, les entreprises n’ont pas souvent le choix. Elles sont obligées de signer des contrats stéréotypés qui ne peuvent souffrir aucune modification. Dans un rapport datant de septembre 2010, le cabinet Benin Consulting Group (BeCG) indique que « la quasi-totalité des marchés sont exécutés au-delà des délais initialement prévus dans le contrat de marché.

Le retard accusé dans l’exécution des marchés va du double au triple des délais prévus ». La dette intérieure du Bénin a été évaluée à environ 73 milliards de FCFA fin 2010. Selon Fitch, le taux d’impayés aux contreparties nationales de quatre pays de la zone CEMAC s’est élevé à 3,6% du PIB en moyenne contre 1,8% pour la zone UEMOA.

Le Bénin apparaît ainsi comme le contre-modèle de la zone UEMOA. Le problème est si crucial qu’un Comité national de lutte pour la Survie des entreprises a vu le jour l’année dernière pour exiger de l’Etat le paiement à bonne date de ses créances intérieures. Fitch Ratings qui a rendu public le communiqué ce lundi est l’une des trois grandes agences de notation qui étudient régulièrement la santé de la dette souveraine des Etats et des grandes institutions bancaires.


Olivier ALLOCHEME

Par ibe_master - Publié dans : Economie - Communauté : Les béninois du monde entier
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 16:01

La dévaluation du Franc CFA est inéluctable ....

Togo, Bénin, Niger, Burkina Faso… le quotidien ivoirien "Notre voie" dévoile l’objet de la tournée ouest-africaine de Ouattara. C’est une information exclusive. Les pays membres de la zone Cfa n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c’est-à-dire dans 40 jours, le F Cfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 F Cfa, passera à 1 euro=1000F Cfa.


Selon un diplomate européen, c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy. « En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores », ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade, lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen. Comme on peut s’en douter, cette mesure de dévaluation du F Cfa est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. Mais si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone F Cfa. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone. Mais qu’est-ce que la dévaluation du F Cfa peut bien apporter à la France au plan financier et budgétaire ? Beaucoup, beaucoup trop même.

Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de Cfa pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France, si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone Cfa qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français. Si l’on ajoute à cela l’exploitation honteuse de nos ressources à laquelle se livre en toute impunité la France, on peut dire que le pari est gagné pour Paris de trouver les milliards d’euro qu’elle cherche partout pour combler son déficit.

De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français. Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de F Cfa. Parions ! Les hagiographes des différents palais présidentiels chanteront à l’unisson la fameuse chanson qui ne leur réussit pourtant pas : « Pluie de milliards !!! ».

Oubliant que cet argent est à rembourser non seulement avec des intérêts mais en devise. Conséquence, la dette des pays africains toujours sous la coupole de Paris va accroître de façon vertigineuse. Sacrifiant ainsi les futures générations africaines qui, une fois aux affaires, passeront le clair de leur temps à rembourser des dettes. Depuis que Ouattara est parvenu au pouvoir, les prix des produits alimentaires de première nécessité ne font qu’augmenter à la vitesse grand V. A partir du 1er janvier prochain, ça va être plus grave. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Au moment de servir le marché intérieur, les commerçants revendeurs devront tenir compte de cette nouvelle parité fixe. Les prix vont donc gonfler et ça va chauffer dans les marmites ! Le prix du carburant va suivre la flèche dans le sens vertical. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines !

Abdoulaye Villard Sanogo

(Quotidien "Notre Voie" Côte d’Ivoire

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